On reprend la route vers Tsikalario et Chimarros !
On ne va pas se mentir, cet hiver naxiote est d’une douceur indécente. Avec des températures aussi clémentes, impossible de rester enfermés ! On a donc décidé de ressortir les chaussures de marche pour explorer les coulisses de notre île préférée.
Souvent, pour grimper vers la forteresse d’Apano Kastro, on se contente de traverser ces petits villages en coup de vent, l’œil rivé sur la ruine du château vénitien.
Grosse erreur ! Cette fois, on prend le temps de s’arrêter à Tsikalario et Chimarros pour découvrir ces deux pépites qui méritent bien plus qu’un simple coup d’œil par la vitre de la voiture !
C’est le moment idéal : les ruelles sont désertes, le soleil d’hiver sublime la pierre sèche et on a l’impression d’avoir la campagne rien que pour nous.
On commence notre immersion à Tsikalario. Premier arrêt obligatoire : le lavoir du village. On s’y croirait encore, à l’époque où les nouvelles fraîches s’échangeaient au rythme du frottement du linge sur la pierre. C’est le genre de petit spot authentique qui nous rappelle que la vie à Naxos a eu ses propres racines, loin du tumulte des ferrys.
Juste à côté, l’église Agios Stephanos (Saint-Étienne) nous fait de l’œil. Avec son architecture typique et son allure paisible, elle semble monter la garde sur le vallon. C’est l’endroit parfait pour ajuster ses lacets avant de s’enfoncer un peu plus dans les ruelles.




Mais notre coup de cœur du jour, c’est la petite église de Saint Pachomios. Nichée au cœur de la campagne de Tsikalario, elle est d’une simplicité désarmante. On parie que vous l’aviez ratée en filant vers Apano Kastro la dernière fois, non ? Prenez le temps de pousser la porte (si elle n’est pas verrouillée par un vieux loquet récalcitrant) : l’atmosphère y est presque mystique, surtout avec cette lumière d’hiver qui joue à cache-cache avec les voûtes de pierre.




La tradition dit qu’à l’époque on faisait passer les enfants chétifs par l’ouverture en dessus de la porte pour les renforcer.





Après cette escale à Tsikalario, on reprend la route pour quelques minutes jusqu’à Chimarros. Si vous cherchez la définition de la phrase « hors du temps », ne cherchez plus, elle est ici.
C’est le genre de village authentique où l’on se sent presque coupable de faire craquer ses semelles sur les pavés, tant le calme est souverain. On arrive sur la place du village, le cœur battant de Chimarros. Bon, n’attendez pas un centre commercial, hein ! C’est une place à l’ancienne, avec ses platanes et ce sentiment délicieux que l’horloge s’est arrêtée quelque part en 1970.
En flânant, on tombe sur deux ou trois chapelles minuscules, nichées entre deux maisons de pierre sèche. Elles sont là, toutes blanches, avec leurs clochers modestes qui pointent vers le bleu du ciel de Naxos. On a poussé la porte de l’une d’elles : l’odeur d’encens et la fraîcheur des murs épais, c’est le meilleur spa du monde pour l’esprit ! C’est fou comme ces lieux, si simples, dégagent une force incroyable.



Bref, Chimarros, c’est la petite pause spirituelle et visuelle qu’on ne soupçonnait pas en montant vers Apano Kastro. On repart de là avec les batteries rechargées et quelques photos qui vont faire des jaloux.


