Notre coup de cœur pour les saints Anargyres de Sagri

Notre coup de cœur pour les saints Anargyres de Sagri

10 septembre 2026 Non Par Stephane

Au-delà du marbre

A force de sillonner l’île, on commence à connaître le réseau routier naxiote sur le bout des doigts (et de mes pneus !). Pourtant, l’arrière-pays réserve toujours de sacrées surprises. Aujourd’hui, on vous emmène dans la plaine fertile de Sagri. Si la plupart des voyageurs y courent à juste titre pour admirer le célèbre temple en marbre de Demeter, Romaine et moi avons bifurqué un peu plus tôt cette fois-ci.

Suivez le guide, et pas de panique, la route est presque plate !

La tache blanche qui joue à cache-cache

Le point de départ se situe du côté du charmant village de Kato Sagri. Pour s’y rendre, c’est facile, on roule au milieu des champs d’oliviers et des murets en pierre sèche.

On quitte le bitume pour une piste en terre – rassurez-vous, rien qui ne nécessite un vrai 4×4, la voiture passe très bien si on conduit à la cool. On abandonne notre carrosse et on poursuit dans les chemins de campagne. Au bout d’un petit sentier perdu, une petite tache blanche attire soudain le regard.



Non, ce n’est pas un mouton égaré 🐑😉.

C’est le site d’Agioi Anargyri ! Un magnifique ensemble de trois chapelles (dédiées à Agii Anargyri, Agia Marina et Agios Andreas) du XIe siècle qui jouent à cache-cache avec les visiteurs.

Un joyau byzantin et son secret bien gardé

Pour faire simple et sans vous assommer de dates : cette église ne date pas d’hier. En arrivant devant, ce qui frappe immédiatement, c’est cette alliance parfaite entre la chaux blanche, la pierre brute et la nature environnante.



Mais le vrai trésor se cache à l’intérieur du « complexe ». Il faut oser entrer dans la cour et si vous voulez admirer les magnifiques fresques médiévales cachées à l’intérieur, la clé 🗝️ est facile à trouver.



Une fois la porte ouverte (en veillant à ce que je ne me cogne pas la tête au passage !), le spectacle est saisissant. Les parois abritent des peintures murales absolument superbes, vieilles de plusieurs siècles. Même si le temps a fait son œuvre, on distingue encore parfaitement les visages des saints et les détails des pigments. Il y règne une atmosphère de calme incroyable, seulement troublée par le chant des cigales au-dehors.



Le site est un ensemble de trois chapelles, dont deux sont imbriquées. Celle dédiée aux saints Anagyrii a gardé ses fresques et l’autre, visiblement pas !



Le temps suspendu : la maison « dans son jus »

En ressortant, notre curiosité nous a poussés à jeter un œil aux alentours immédiats du site. Juste en dessus des trois chapelles se trouve une petite maison qui semble totalement abandonnée. Curieux comme nous sommes, on s’est approchés.

C’est un véritable voyage dans le passé ! La maison est restée complètement « dans son jus », figée dans le temps comme si ses habitants l’avaient quittée la veille. À l’intérieur, la décoration et les objets du quotidien sont encore là, intacts sous une fine couche de poussière. Le clou du spectacle ? Un vieux téléphone à cadran rotatif, fièrement posé sur son meuble. Autant vous dire que cela faisait un sacré bout de temps que je n’en avais pas vu un semblable ! Une vraie pièce de musée qui ajoute encore un peu plus de mystère et de poésie à ce lieu magique.



La pause obligatoire sous les oliviers

Après toutes ces découvertes, place à la décompression. Le site est entouré de grands arbres, d’oliviers centenaires et d’une pergolas dans la cour intérieure des chapelles qui offrent une ombre salvatrice. C’est l’endroit parfait pour se poser cinq minutes, boire une gorgée d’eau fraîche et simplement écouter le vent.





Pendant que les bus de touristes se pressent quelques kilomètres plus loin, on a l’impression d’avoir trouvé un Naxos secret, intemporel, qui prend son temps. Exactement comme nous.